Le mirage de l’indépendance

Le mirage de l’indépendance

La création d’un État indépendant n’est absolument pas garante d’une capacité accrue de contrôle par la population. La réalité, c’est que même un État indépendant reste hautement vulnérable au pouvoir des multinationales, des institutions financières et des puissances impérialistes. Si on doit préparer la population à une lutte, à une rupture, c’est de résistance face à l’élite économique dont on doit parler en priorité, et non de l’indépendance face au Canada. Cette élite, elle est québécoise, canadienne et états-unienne. Sa puissance est indifférente à la création d’un nouvel État, car elle repose sur autre chose: la propriété privée des entreprises et des capitaux.

La participation, carburant du capitalisme numérique

La participation, carburant du capitalisme numérique

Lorsque la logique de l’usage détrône la propriété exclusive, que l’accès monétarisé aux services et aux flux de streaming dépasse de loin la possession personnelle de biens matériels, quel genre de « marchandise » un système économique en panne doit-il produire pour poursuivre sa dynamique d’accumulation ? Pour paraphraser Marx, la richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production cybercapitaliste s’annonce comme une immense accumulation de données, produites par une participation de masse aliénée.

Contribution sur les stratégies antifascistes

Contribution sur les stratégies antifascistes

Les conditions ne sont pas réunies en ce moment pour la mise en place d’un régime néo-fasciste, mais l’éclatement d’une ou de plusieurs des crises qui nous guettent pourrait changer la donne. Notre stratégie doit empêcher la croissance des groupuscules d’extrême droite pour empêcher qu’une fois la crise venue, ils soient suffisamment fort pour constituer une option politique crédible aux yeux de la population et de la classe capitaliste. Cela doit se faire, idéalement, en légitimant notre alternative plutôt qu’en articulant notre lutte à une simple défense de l’ordre libéral. Et si dans le cadre de cette stratégie le proverbial coup de poing sur la gueule d’un Nazi est légitime, un tel acte n’est pas forcément utile.

Les trois grandes familles

Les trois grandes familles

En dernière instance, il y a trois grandes familles politiques: la gauche (socialiste), la droite (néolibérale), et le national-populisme (conservateur ou d’extrême droite). Dans cette perspective, le travail idéologique de la gauche consiste à montrer qu’elle n’est pas « l’idiot utile » de la mondialisation néolibérale ou une simple forme d’extrémisme potentiellement violent, mais la seule alternative démocratique à la fausse dichotomie qui oppose capitalisme destructeur et barbarie néofasciste.

Notes sur la lutte antifasciste et les contre-manifestations

Notes sur la lutte antifasciste et les contre-manifestations

Le front de la rue et la manière d’aborder intelligemment ce terrain d’action sur le plan tactique représente un élément incontournable de la réflexion : il ne s’agit pas seulement d’avoir raison, mais de trouver les moyens adéquats pour gagner à court, moyen et long terme. De plus, la rue ne représente qu’un moment parmi d’autres luttes que nous devons mener sur le plan social, culturel, idéologique, associatif et politique.

Esquisse d’une nouvelle République communale

Esquisse d’une nouvelle République communale

L’objectif du municipalisme est de transformer le système social, économique et politique, ce qui implique de dépasser le modèle du gouvernement représentatif, de la République bourgeoise, de l’État-nation unitaire et centralisé. Mais par quoi le remplacer ? Le but de ce texte est d’imaginer une alternative sociopolitique globale, en explorant les contours d’un nouveau système sui generis. Brièvement, il s’agit d’instituer un auto-gouvernement démocratique, populaire et décentralisé, c’est-à-dire une République citoyenne fondée sur le pouvoir des Communes.

Réflexions sur la transition

Réflexions sur la transition

Sortir du capitalisme ne se fera pas du jour au lendemain. La transition devra se confronter à des résistances, tant sur le plan des mentalités que des institutions, et celles-ci ne seront surmontées que par des luttes collectives épiques. Une stratégie socialiste sérieuse doit inclure la préparation pour des moments difficiles face aux pouvoirs économiques et politiques en place.

Hypothèses en vrac sur la démocratie dialectique

Hypothèses en vrac sur la démocratie dialectique

§1. La dialectique est le mouvement même de l’intersubjectivité conflictuelle qui cherche à dépasser les contradictions sociales par de nouvelles synthèses pratiques.
§2. La dialectique s’enracine dans le dialogue, la délibération, c’est-à-dire l’échange de perspectives contradictoires, mais elle déborde la discussion pour se placer sur le terrain de l’action, du conflit, de la négation de l’ordre établi. La démocratie dialectique est la réalisation effective de la délibération dans un champ de forces.

Critères pour une théorie de l’émancipation

Critères pour une théorie de l’émancipation

Ce billet présente les critères qui doivent guider l’évaluation et la création d’une théorie de l’émancipation. Une telle théorie doit être simple et proche du sens commun, elle doit mettre l’emphase sur les changements possibles via l’action collective, permettre de comprendre à la fois les niveaux macro et micro et elle doit être vraisemblable.

Réponse à Alain Savard

Réponse à Alain Savard

L’article de Savard est entièrement fondé sur un présupposé que je ne saurais passer sous silence : celui qui stipule que la gauche doit s’unifier pour « convaincre » le plus de gens possible. Car la « gauche » est multiple, et affirmer qu’elle doit s’unir pour atteindre cet objectif est plus que réducteur.