Carnet de Jonathan Durand Folco

Renverser la dictature du politiquement correct

Renverser la dictature du politiquement correct

1. L’empire du politiquement correct, version sophistiquée du « on ne peut plus rien dire », représente l’idéologie dominante de notre temps. À un premier niveau, plusieurs voix médiatiques, et non les moins influentes, dénoncent le régime d’énonciation des minorités et de la gauche bienpensante qui imposent le silence sur certains sujets et font régresser le débat public à coup d’anathèmes et de procès par association. 2. Racisme, sexisme, islamophobie, transphobie, phobie tout court, oppression, intersectionnalité; tout ce lexique de termes « savants »…

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Notes sur la collapsologie

Notes sur la collapsologie

Génie de l’effondrement. Après quelques années de retard et certaines réticences à adopter ce nouveau « grand récit », je viens de plonger dans le fameux livre de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Seuil, 2014). Je dois avouer que ce livre est particulièrement clair, précis, bien écrit, et surtout accessible pour le commun des mortels. Alors que la notion de « décroissance » n’avait pas réussi à capter l’imaginaire collectif avec…

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Retrouver la raison du populisme de gauche

Retrouver la raison du populisme de gauche

Dans son article Le pacte faustien du populisme de gauche, le philosophe Jocelyn Maclure émet un avertissement face aux sirènes de la stratégie populiste qui est actuellement revendiquée par Québec solidaire. Selon lui, le “jeu n’en vaut pas la chandelle pour les progressistes”, notamment parce que la rhétorique populiste, même dans sa version “vertueuse”, serait incompatible avec “l’intégrité et la qualité de nos processus et institutions démocratiques [qui] ne doivent pas être sacrifiées au nom des gains électoraux.” Or, bien…

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Méditations sur le monde commun

Méditations sur le monde commun

Le mépris pour le passé, l’indifférence face à nos contemporains qui ne partagent pas nos valeurs, et l’impossibilité d’envisager un destin partagé sont trois phénomènes interreliés de la modernité tardive, laquelle est soumise aux impératifs de l’accélération sociale qui favorise l’effritement des référents collectifs et l’autofélicitation de l’instant présent.

Réflexion sur la gouvernance démocratique

Réflexion sur la gouvernance démocratique

La notion de gouvernance est éminemment problématique, car elle s’accompagne d’un paradigme qui vient détrôner le modèle classique du gouvernement, de l’État social bureaucratique et de l’administration publique centralisée pour le remplacer par le modèle de gestion de l’entreprise privée. Cela dit, le décentrement de la prise de décision et l’insistance sur l’inclusion des parties prenantes ouvrent une brèche qui permet de critiquer le modèle hégémonique de l’entreprise privée et des grandes bureaucraties centralisées.

La participation, carburant du capitalisme numérique

La participation, carburant du capitalisme numérique

Lorsque la logique de l’usage détrône la propriété exclusive, que l’accès monétarisé aux services et aux flux de streaming dépasse de loin la possession personnelle de biens matériels, quel genre de « marchandise » un système économique en panne doit-il produire pour poursuivre sa dynamique d’accumulation ? Pour paraphraser Marx, la richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production cybercapitaliste s’annonce comme une immense accumulation de données, produites par une participation de masse aliénée.

Les trois grandes familles

Les trois grandes familles

En dernière instance, il y a trois grandes familles politiques: la gauche (socialiste), la droite (néolibérale), et le national-populisme (conservateur ou d’extrême droite). Dans cette perspective, le travail idéologique de la gauche consiste à montrer qu’elle n’est pas « l’idiot utile » de la mondialisation néolibérale ou une simple forme d’extrémisme potentiellement violent, mais la seule alternative démocratique à la fausse dichotomie qui oppose capitalisme destructeur et barbarie néofasciste.

Notes sur la lutte antifasciste et les contre-manifestations

Notes sur la lutte antifasciste et les contre-manifestations

Le front de la rue et la manière d’aborder intelligemment ce terrain d’action sur le plan tactique représente un élément incontournable de la réflexion : il ne s’agit pas seulement d’avoir raison, mais de trouver les moyens adéquats pour gagner à court, moyen et long terme. De plus, la rue ne représente qu’un moment parmi d’autres luttes que nous devons mener sur le plan social, culturel, idéologique, associatif et politique.

Esquisse d’une nouvelle République communale

Esquisse d’une nouvelle République communale

L’objectif du municipalisme est de transformer le système social, économique et politique, ce qui implique de dépasser le modèle du gouvernement représentatif, de la République bourgeoise, de l’État-nation unitaire et centralisé. Mais par quoi le remplacer ? Le but de ce texte est d’imaginer une alternative sociopolitique globale, en explorant les contours d’un nouveau système sui generis. Brièvement, il s’agit d’instituer un auto-gouvernement démocratique, populaire et décentralisé, c’est-à-dire une République citoyenne fondée sur le pouvoir des Communes.

Hypothèses en vrac sur la démocratie dialectique

Hypothèses en vrac sur la démocratie dialectique

§1. La dialectique est le mouvement même de l’intersubjectivité conflictuelle qui cherche à dépasser les contradictions sociales par de nouvelles synthèses pratiques.
§2. La dialectique s’enracine dans le dialogue, la délibération, c’est-à-dire l’échange de perspectives contradictoires, mais elle déborde la discussion pour se placer sur le terrain de l’action, du conflit, de la négation de l’ordre établi. La démocratie dialectique est la réalisation effective de la délibération dans un champ de forces.