La bien-pensance

La bien-pensance

En y réfléchissant bien, l’expression « gauche bien-pensante » est un parfait exemple de l’idéologie dominante. Étiquette mobilisée à outrance pour réduire la pensée critique à une simple affaire de vertu morale, de politiquement correct ou de bonne conscience déconnectée du « vrai monde », elle insinue que les valeurs progressistes auraient le haut du pavé, en formant un système de « pensée unique », un ordre moral répressif qu’il s’agirait de transgresser pour faire sortir la « vérité » d’un peuple caché, silencieux et méprisé.

Justice, autonomie et résonance

Justice, autonomie et résonance

Pour éclairer les multiples débats fort passionnants de philosophie morale et politique, nous proposons une conception tridimensionnelle de l’émancipation visant à intégrer les sphères de la justice, l’autonomie et la résonance. Nous souhaitons montrer qu’une théorie complète de l’émancipation ne peut pas se réduire à la catégorie de justice, le concept de liberté, ou une analyse critique de l’oppression. Pour dénicher les causes sociales de la souffrance humaine, identifier les conditions sociales d’une vie réussie, puis dégager des perspectives de transformation des pratiques, des institutions et des conditions d’existence, il nous faut absolument combiner ces trois sphères irréductibles. Après avoir distingué brièvement les domaines de la justice et de l’autonomie, nous montrerons en quoi les principales théories actuelles semblent incapables de répondre à une question centrale et pourtant négligée, à savoir celle du bonheur ou de la vie heureuse. Pour ce faire, nous mobiliserons le concept de « résonance » récemment développé par le philosophe et sociologue Hartmut Rosa.