Critères pour une théorie de l’émancipation

Critères pour une théorie de l’émancipation

Ce billet présente les critères qui doivent guider l’évaluation et la création d’une théorie de l’émancipation. Une telle théorie doit être simple et proche du sens commun, elle doit mettre l’emphase sur les changements possibles via l’action collective, permettre de comprendre à la fois les niveaux macro et micro et elle doit être vraisemblable.

Réponse à Alain Savard

Réponse à Alain Savard

L’article de Savard est entièrement fondé sur un présupposé que je ne saurais passer sous silence : celui qui stipule que la gauche doit s’unifier pour « convaincre » le plus de gens possible. Car la « gauche » est multiple, et affirmer qu’elle doit s’unir pour atteindre cet objectif est plus que réducteur.

Confiance et hégémonie – Première Partie

Confiance et hégémonie – Première Partie

Le processus qui permet de convaincre autrui d’adhérer à un vaste projet de transformation sociale doit franchir les obstacles de trois niveaux: (1) l’adhésion aux valeurs fondamentales du projet (2) l’adhésion à la croyance que le projet est possible (3) l’acceptation de la validité de l’interprétation sociale et historique sur laquelle notre argumentation repose.

Par-delà modernité et tradition

Par-delà modernité et tradition

Le duel « Macron – Le Pen » symbolise à merveille la grande opposition de notre temps : mondialisation et patriotisme, modernité et tradition. Or, il faut noter l’interprétation particulière (et tendancieuse) de chaque notion : la mondialisation capitaliste s’oppose au patriotisme chauvin.

Pour une stratégie intégrale

Pour une stratégie intégrale

Il est possible d’identifier trois grandes stratégies utilisées par la gauche radicale pour accumuler une puissance collective et attaquer la classe dirigeante: 1. Les stratégies centrées sur l’État 2. Celles centrées sur les mouvements sociaux 3. Et celles centrées sur les institutions économiques « autonomes ». Chacune de ces stratégies s’attaque à un défi différent et se bute à des limites importantes lorsque prise isolément. Dans ce texte, j’identifierai les limites de chaque stratégie et je proposerai une stratégie intégrale.

La transition psychédélique

La transition psychédélique

Dans un an, le Canada prendra le « virage vert » de la légalisation de la marijuana. Pas de transition écologique, mais une transition psychédélique. Espérons que les gens sauront faire un usage émancipateur de cette substance ambivalente, laquelle peut autant libérer l’imagination qu’atrophier la motivation et la volonté de changer le monde. Pour éviter le piège du « cannabitalisme », ou encore le paradoxe d’une société d’État qui encouragerait simultanément la consommation et la prévention, nous pourrions profiter de cette opportunité pour créer une chaîne de coopératives de solidarité, dont la mission serait de favoriser l’appropriation démocratique de la marijuana, pour qu’elle passe de simple divertissement en accélérateur du changement social.

La bien-pensance

La bien-pensance

En y réfléchissant bien, l’expression « gauche bien-pensante » est un parfait exemple de l’idéologie dominante. Étiquette mobilisée à outrance pour réduire la pensée critique à une simple affaire de vertu morale, de politiquement correct ou de bonne conscience déconnectée du « vrai monde », elle insinue que les valeurs progressistes auraient le haut du pavé, en formant un système de « pensée unique », un ordre moral répressif qu’il s’agirait de transgresser pour faire sortir la « vérité » d’un peuple caché, silencieux et méprisé.

Épistémologie du quotidien contre le dogmatisme (de gauche)

Épistémologie du quotidien contre le dogmatisme (de gauche)

D’où viennent nos certitudes militantes quant à la bonne manière de transformer le monde? [..] Il faut réfléchir à son propre parcours militant pour réaliser que souvent, notre appartenance à une faction spécifique de la gauche relève souvent plus de l’accident de parcours que d’un examen critique et exhaustif des alternatives. […] Il faut être conscient des dynamiques sectaires à l’oeuvre et chercher activement à les dépasser. Cela ne signifie pas de mettre de côté nos désaccords, mais plutôt de les mettre honnêtement à débat et de faire preuve de générosité interprétative à l’égard de la perspective des autres.

Justice, autonomie et résonance

Justice, autonomie et résonance

Pour éclairer les multiples débats fort passionnants de philosophie morale et politique, nous proposons une conception tridimensionnelle de l’émancipation visant à intégrer les sphères de la justice, l’autonomie et la résonance. Nous souhaitons montrer qu’une théorie complète de l’émancipation ne peut pas se réduire à la catégorie de justice, le concept de liberté, ou une analyse critique de l’oppression. Pour dénicher les causes sociales de la souffrance humaine, identifier les conditions sociales d’une vie réussie, puis dégager des perspectives de transformation des pratiques, des institutions et des conditions d’existence, il nous faut absolument combiner ces trois sphères irréductibles. Après avoir distingué brièvement les domaines de la justice et de l’autonomie, nous montrerons en quoi les principales théories actuelles semblent incapables de répondre à une question centrale et pourtant négligée, à savoir celle du bonheur ou de la vie heureuse. Pour ce faire, nous mobiliserons le concept de « résonance » récemment développé par le philosophe et sociologue Hartmut Rosa.