Par-delà modernité et tradition

Par-delà modernité et tradition

Le duel « Macron – Le Pen » symbolise à merveille la grande opposition de notre temps : mondialisation et patriotisme, modernité et tradition. Or, il faut noter l’interprétation particulière (et tendancieuse) de chaque notion : la mondialisation capitaliste s’oppose au patriotisme chauvin. La première procède de la modernisation vide de la rationalité néolibérale, tandis que la seconde réponse constitue une réaction autoritaire, ultraconservatrice et antipluraliste au délitement du lien social. Entre ces deux extrêmes, que choisir ? Aucun des deux, car chaque vision exclut d’emblée une part importante de la population. Le projet Macron favorise les élites et les gagnants de la compétition généralisée, en reléguant la majorité sociale et les « perdants » de la modernisation à la précarité. À l’inverse, la « préférence nationale » crée une division du corps social entre les « on est chez nous » puis les autres : immigrants, musulmans, gauchistes, multiculturalistes et autres ennemis de la nation. Le refuge national comme rempart contre la marchandisation conduit à la liquidation de la démocratie, de l’égalité sociale et des libertés fondamentales. Ce qu’il nous faut, c’est le dépassement de l’opposition entre mondialisation et patriotisme, modernité et tradition ; il faut articuler internationalisme et souveraineté populaire, pluralisme et conscience historique. Cela ne peut se faire que par le dépassement de la modernité capitaliste et la construction d’un rapport non-traditionnaliste à la tradition. Jeter les bases d’une société à la fois post-capitaliste et post-traditionnelle, c’est-à-dire construire le cadre normatif et institutionnel d’une société égalitaire, écologique, réflexive et enracinée, propice à la cohabitation démocratique des formes de vie.

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1 Commentaire sur "Par-delà modernité et tradition"

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je crois pas que ce soit par mauvaise volonté ou juste par ignorance pour expliquer que les commentateurs et la majorité des gens soient incapables de voir que le roi est nu. C’est sans doute aussi le fruit de siècles d’enfermement le paradigme « sédentaire agricole » à l’origine de la stratification sociale. Tel les mayas qui ne voyaient comme solution à toute les crises qui pouvaient les frapper que de se tourner vers la caste des prêtres qui ne pouvaient, comme moyen d’action, qu’augmenter le nombre de sacrifices humains ou de raffiner la cruauté du rituel. Dans son livre The New… Lire plus »
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